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Norme ISO 20345 : tout comprendre sur les chaussures de sécurité

La norme ISO 20345 est bien connue des professionnels de nombreux secteurs d’activité concernés par le port de chaussures de sécurité. Ces équipements de protection individuelle ont pour fonction de prévenir des risques bien réels, parmi lesquels la chute d’objets, l’écrasement, les glissades ou encore les perforations. Aussi, afin de garantir leur efficacité, leur conception est encadrée par une référence bien précise : la norme ISO 20345.

Mais que recouvre exactement cette norme ? Qu’impose-t-elle aux fabricants ? Et comment s’y retrouver parmi les différentes catégories existantes ? Décryptage avec CI2P.

Qu’est-ce que la norme ISO 20345 ?

La norme ISO 20345 est une norme internationale qui définit les exigences applicables aux chaussures de sécurité destinées à un usage professionnel. Elle s’adresse à tous les secteurs où les pieds peuvent être exposés à des risques mécaniques, physiques ou environnementaux.

Pour qu’une chaussure soit certifiée ISO 20345, elle doit notamment être équipée d’un embout de protection capable de résister à un choc de 200 joules, ainsi qu’à un écrasement important. Cette exigence constitue un élément majeur puisqu’elle permet de choisir entre chaussure de sécurité et simple chaussure de travail.

Précisons que les normes EPI sont définies par l’Organisation internationale de normalisation. Reconnue au niveau européen, la norme ISO 20345 s’inscrit ainsi dans le cadre réglementaire des Équipements de Protection Individuelle (EPI) et sert de référence aux employeurs comme aux professionnels.


Que garantit la norme ISO 20345 ?

La certification ISO 20345 repose sur un socle commun d’exigences, quel que soit le modèle de chaussure. Ces critères visent à assurer une protection minimale et constante dans le cadre d’un usage professionnel.


En plus de résister à un choc de 200 joules, une chaussure conforme à la norme ISO 20345 doit impérativement :

  • présenter des propriétés antistatiques,
  • absorber l’énergie au niveau du talon,
  • disposer d’une semelle adaptée aux contraintes du terrain.

Ces caractéristiques permettent de limiter les risques de blessures liés non seulement aux chutes d’objets, mais aussi aux impacts répétés et aux charges électrostatiques.

Il s’agit là du niveau minimal de sécurité, auquel peuvent s’ajouter des protections complémentaires selon la catégorie de la chaussure.

Les catégories de chaussures selon la norme ISO 20345

La norme ISO 20345 distingue plusieurs classes de chaussures, identifiées par des lettres et des chiffres. Ces catégories permettent d’adapter le niveau de protection aux conditions réelles de travail.


La catégorie SB

La catégorie SB correspond au niveau de protection le plus basique, avec un embout de sécurité et une conception répondant aux exigences minimales de la norme. Elle est généralement réservée à des environnements où les risques sont limités.

Les chaussures S1

Celles-ci offrent une protection plus complète grâce à leurs propriétés antistatiques et à leur capacité d’absorption des chocs au talon. La version S1P ajoute une semelle anti-perforation, ce qui la rend plus adaptée aux environnements industriels ou logistiques.

La catégorie S2

Cette catégorie reprend les caractéristiques du S1, avec en plus une tige résistante à la pénétration de l’eau. Elle est souvent utilisée dans les milieux humides ou dans l’agroalimentaire.

Les chaussures S3

Les chaussures S3, comme les chaussures de sécurité Alice S3 SRC, vont encore plus loin en apportant résistance à l’eau, semelle anti-perforation et semelle extérieure crantée. Il s’agit aujourd’hui de la catégorie la plus polyvalente, particulièrement répandue dans le BTP et les travaux extérieurs.

Les modèles S4 et S5

Enfin, les modèles S4 et S5, généralement fabriqués en matériaux polymères ou en caoutchouc, se distinguent par leur caractère totalement étanche. La catégorie S5 intègre en plus une protection anti-perforation, ce qui les rend adaptées aux environnements très humides ou contraignants.


Les marquages complémentaires associés à l’ISO 20345

Au-delà de la catégorie principale, certaines chaussures ISO 20345 affichent des marquages complémentaires, précisant leurs performances face à des risques spécifiques comme la résistance au glissement, aux hydrocarbures ou à la chaleur par contact. Ces marquages permettent d’affiner le choix d’une chaussure en fonction des contraintes du poste de travail, et jouent un rôle clé dans la prévention des accidents.

ISO 20345, ISO 20346, ISO 20347 : quelles différences ?

Ces trois normes sont proches dans leur intitulé, mais leurs usages diffèrent nettement :


  • ISO 20345 concerne les chaussures de sécurité avec embout résistant à 200 joules
  • ISO 20346 s’applique aux chaussures de protection, avec un embout limité à 100 joules
  • ISO 20347 désigne des chaussures de travail sans embout de sécurité.

Dès lors qu’un risque d’écrasement ou de chute d’objet existe, la norme ISO 20345 constitue la référence à privilégier.

Quelle chaussure répondant à cette norme choisir selon son activité ?

Outre sa conformité à la norme, la chaussure de sécurité doit aussi tenir compte des conditions réelles de travail.

Ainsi, les métiers du bâtiment et des travaux extérieurs nécessitent généralement des chaussures S3 ou S5, capables de résister à l’humidité, aux perforations et aux sols accidentés. En milieu industriel ou en maintenance, les modèles S1P ou S3 offrent un bon compromis entre protection et confort. Enfin, dans la logistique ou l’entreposage, des chaussures plus légères de type S1P sont souvent suffisantes, tandis que l’agroalimentaire privilégie des modèles résistants à l’eau et faciles à nettoyer.

Soyez vigilant quant à la sélection de votre modèle. En effet, un choix inadapté peut réduire l’efficacité de la protection, voire entraîner une usure prématurée des équipements.


La norme ISO 20345 est-elle obligatoire ?

La norme ISO 20345 n’est pas obligatoire en tant que telle, mais le port de chaussures de sécurité l’est dès lors que le poste de travail présente un risque pour les pieds. Par ailleurs, précisons que le Code du travail impose à l’employeur de fournir des équipements conformes aux normes en vigueur. Dans la majorité des cas, cela implique le recours à des chaussures certifiées ISO 20345.

Durée de vie et entretien de ce type de chaussures

Il est tout à fait possible de porter des chaussures ISO 20345 toute la journée, à condition de choisir un modèle adapté à votre activité et à votre morphologie. Même certifiées, les chaussures de sécurité ne conservent pas indéfiniment leurs performances. L’usure de la semelle, la dégradation de l’embout ou la perte d’étanchéité peuvent impacter l’efficacité de la protection. Pour optimiser leur durée de vie, le nettoyage des EPI, effectué de manière régulière, est un bon réflexe à acquérir. Cela vous permet également de réaliser un contrôle visuel de vos équipements. Enfin, il convient de procéder à leur remplacement dès l’apparition de signes d’usure critique : vous garantissez ainsi un niveau de sécurité constant, notamment en usage intensif.


Publié dans: Informationnel